Pour ceux d’entre toi qui suivent ce blog (oui les deux là), tu sais donc pourquoi Chucky s’appelle Chucky. Il n’y a pas si longtemps que ça, nous avions elle et moi une relation trèèèès compliqué. Nous étions tout le temps dans le conflit.

C’était un cercle vicieux, elle était un bébé compliqué à gérer et moi, je n’étais pas du tout bien dans mes bask. J’avais la sensation d’être la pire mère du monde pour plein de raison et elle, elle avait un caractère très affirmé et elle était très colérique. Alors sans doute qu’elle ressentait mon mal-être, ce qui n’arrangeait rien.

C’était une période difficile car en plus de tout ça, nous étions partis vivre dans l’Aube pour des raisons professionnelles, loin de nos amis et famille. Et Bruce bossait comme un dingue en faisant des journées de malade de 6h à 19h en plus des astreintes et des 200 bornes minimum par jour. Imagine l’état de fatigue de Bruce le soir en rentrant. Et moi, j’étais seule, complètement paumée avec un bébé que je n’arrivais pas à aimer tellement elle criait.

Nous avons tenu 1 an et demi comme ça avant de revenir chez nous, dans la Marne. Ce changement n’a pas réellement changé les choses à part que nous avions tous nos proches à proximité, et rien que ça, c’était un soulagement.

L’autre jour ma meilleure amie me racontait une anecdote que j’avais complètement zappé. Nous étions chez elle et son chéri avec la soeur de Bruce et donc Chucky. La miss s’est mise à faire une crise, une de plus. Sauf que quand elle faisait une crise, ça pouvait durer des heures. Je n’arrivais pas à gérer ses crises tellement c’était violent. Je suis entrée dans une espèce de crise d’hystérie moi aussi et je criais à Bruce de s’en occuper parce que moi, j’avais envie de la jeter par le balcon. J’étais complètement en transe. Ca, je ne m’en souviens pas du tout. Mais je sais que ça m’arrivait souvent. Et dans ces cas là, je la laissais faire sa crise dans sa chambre et je sortais dans le jardin pour respirer. Une fois, je suis restée 2 heures dans le jardin. Et pendant 2h, elle criait.

Bref, ce jour là, Bruce était aussi paumé que moi, c’était ça notre vie. Enfin, on en avait plus vu qu’on ne sortait plus, on ne faisait plus rien parce qu’elle était trop difficile et qu’elle nous gâchait nos moments. Ma meilleure amie a pris les choses en main et la seule solution pour calmer Chucky était d’une violence inouïe. Il a fallu la mettre sous la douche (pas froide quand même hein) pour qu’elle se calme. Je me suis retrouvée sur le balcon avec ma belle-soeur et le chéri de mon amie à me calmer.

La crise est passée ce jour là au bout de quelques heures quand même. Et tu vois, ce jour, je l’avais complètement oublié. Il était sorti de ma mémoire. Mais j’en ai vécu d’autres, à vrai dire, c’était comme ça tous les jours ou presque. Je la détestait de me faire subir ça. Et en même temps, j’essayais de comprendre.

J’avais trouvé une super nounou qui me la prenait 2 jours par semaine. Autant te dire que j’arrivais à 18h et pas 15 minutes avant pour la récupérer. Souvent, sur la route pour aller la chercher je pleurais parce que je ne voulais pas la reprendre. Quand ma nounou me voyait arriver comme ça, elle me proposait de la reprendre le lendemain. Elle était formidable, souvent je la récupérais et Chucky était déjà lavée et en pyjama. Cette nounou était en or, elle m’a permis de souffler et de me sentir un peu mieux.

Pendant 6 ans, c’était notre lot quotidien. Au fil du temps c’était de moins en moins fréquent, les crises de toutes sortes étaient moins violentes. On arrivait petit à petit à dialoguer.

L’école lui a fait beaucoup de bien, sa maîtresse de maternelle et l’ATSEM m’en parlent encore. C’était une boule de nerfs qui criait et faisait beaucoup de colère. Elle pleurait à chaque fois que je la déposais. La maîtresse l’a attrapé une fois et m’a repoussé en me disant « allez-y, on s’en occupe ! » comme si Chucky était contagieuse et que je devais vite partir pour ne pas être malade.

Bref, des années ont passé, nous avons appris à nous écouter et nous avons fait le ménage dans notre vie ce qu’il nous a apporté un nouveau souffle.

Il aura fallu 6 années pour se connaître et se comprendre mais au final, nous y sommes parvenues. Depuis, nous sommes chaque jour de plus en plus complices. Nous faisons presque tout ensemble. Ca va de la douche, à la cuisine, aux jeux, à la couture et tout ce qu’on fait au quotidien. Nous sommes devenues inséparables. Nous passons beaucoup de temps ensemble et nous avons nos rituels. Nous faisons énormement de séances de câlins et de bisous.

Maintenant, Chucky a 8 ans et demi et enfin, nous pouvons dire que nous avons avancé et que notre complicité est vraiment installée.

Jamais je n’aurais cru ça il y a encore 2 ans. mais à grand coup de persévérance, on y arrive. le chemin est dur et parsemé d’embûches mais nous l’avons traversé.

Maintenant, je peux dire que je l’aime énormément et elle me le rend bien.

complicité mère fille

Ce billet est fouillis et sûrement truffé de fautes mais il vient du coeur et j’avais envie de m’exprimer pour dire que c’est possible. Qu’avoir un bébé, un enfant compliqué, ce n’est pas la fin du monde et que même si c’est hyper balaise à gérer, avec de la remise en question et de l’aide, on y arrive, on s’en sort.

Harmony (survivor)