Il y a trois ans, j’ai reçu un coup de fil qui a fait basculer ma vie dans une dimension complètement surréaliste…

Il y a trois ans, je déterrai les cadavres et ils m’ont appris que ma vie entière était du flan, une impression, un film à la Truman Show, un écran de fumée, que rien de ce que je n’avais vécu avait existé…

Il y a trois ans, j’avais déjà commencé à faire du ménage dans ma vie, en me débarrassant des parasites, mais même en faisant ça, je m’en prenais plein la face…

Il y a trois ans, je perdais pied, je m’effondrai, je tombai dans un trou noir, dans une immensité flippante qui représentait ma vie…

Il y a trois ans, j’avais le choix entre sombrer ou me relever…

Il y a trois ans, j’ai entrepris le combat le plus dur de ma vie, j’ai affronté mes démons et je me suis battue pour sauver ma vie, mon âme, mon moral, mais aussi mes enfants, mon mec et ma famille.

Il y a trois ans, j’ai cru mourir en apprenant que ma mère, ma propre mère n’avait pas hésité à usurper mon identité, à en faire cinq différentes en partant de mes papiers d’identités, à faire des faux documents à mon nom, à signer ces faux documents en mon nom, à imiter ma signature, à se faire passer pour moi, à mentir et fuir en Belgique pour d’en sortir, à arnaquer des personnes et même des huissiers et des banquiers en utilisant mon nom, à se victimiser auprès de nos connaissances communes, prétextant un faux cancer pour me faire culpabiliser d’avoir coupé les ponts avec elle et pour faire de moi la méchante fille.

Il y a trois ans, je suis tombée de très très haut parce que le masque est tombé. Il était déjà bien effrité car près plusieurs mensonges impliquant mes enfants pour sauver sa peau (prétendre que mon fils est dans le coma comme excuse d’un arrêt de travail pour dépression),  j’avais décidé de dire stop. Après lui avoir tendu la main et avoir reçu de la merde en retour, j’avais dit stop. J’ai dit stop à ma mère il y a 6 ans, sans me douter que trois ans plus tard, j’allais découvrir l’impensable.

Il y a trois ans, je reçois un coup de fil de la gendarmerie qui me convoque pour un interrogatoire. Oui, oui, c’était bien pour un interrogatoire car ils ont enquêté et ils ont pensé pendant un temps que c’était moi l’auteure de tous ces faits. Ils avait prévu de venir perquisitionner chez moi, à 6h du mat, réveillant mes enfants et me menottant pour m’emmener en garde à vue. C’est ce qui était prévu avant qu’une gendarme tombe sur mon blog durant l’enquête, dans lequel je disais avoir coupé tout contact avec ma génitrice. Là elle a compris que je n’y étais pour rien.

Il y a trois ans, ma meilleure amie m’a accompagné pour me soutenir dans cette épreuve. J’ai passé 4h dans ce bureau avec un énorme tas de dossiers qui concernaient tous ma mère. 27 délits dans un seul département en moins de deux ans… Là, j’ai compris pourquoi elle déménageait tous les deux ans… Evidemment, j’ai porté plainte, pas par choix parce que je voulais enterrer cette histoire et l’oublier, mais pour me protéger, pour protéger ma famille. Depuis, j’ai toujours sur moi un papier certifié qui dit que ce n’est pas moi. Si je me fais arrêter par la Police, ou si un huissier passe, je peux attester que ce n’est pas moi qui aie commis tous ces délits.

Il y a trois ans, j’ai découvert des mensonges enfouis. Des choses de mon passé, de tout mon passé, qui ont été révélé. Des choses qui sont dures et incroyables. des choses qui n’ont jamais existé. En fait, toute ma vie passée avec ma mère, jusqu’à ce que je ne vive plus sous son emprise, tout ça, et bah rien n’est arrivé. Elle a inventé une vie et m’a inclus dedans. Elle a inventé ma vie. De toutes pièces. Et moi je l’ai cru parce que c’était ma mère, parce que j’avais une confiance absolue en elle, parce qu’elle m’avait conditionné, manipulée… Comment aurais-je pu me sortir de son emprise, j’étais sa chose et elle, mon bourreau. jamais je n’aurais pensé qu’elle puisse me faire ça, c’était ma mère…

Voilà, ce que la femme qui m’a mise au monde m’a fait subir il y a trois ans.

Mais je ne suis plus sa victime, je suis libérée d’elle. Je suis enfin moi. Et bizarrement, tout va pour le mieux dans ma vie. Tout va pour le mieux avec ma fille, mon fils, mon homme. Je n’ai plus de barrière qui m’empêche de vivre ma vie comme je l’entends. Cette histoire, aussi pourrie qu’elle peut l’être, aura au moins apporter un grand morceau de positif.

Il y a trois ans, je me suis mise à vivre. Et je peux dire quelque chose à ma mère : si j’en suis là, ce n’est certainement pas grâce à toi mais grâce à moi. Malgré tout ça, je m’en suis sortie, c’était vraiment difficile et vraiment pas gagné d’avance, j’aurais pu simplement me laisser couler dans la dépression, mais je l’ai fait, je me suis battue et j’en suis fière. Et contrairement à toi, je suis sereine. Tu peux avoir toute la vie en façade que tu veux, ta nouvelle vie en Belgique avec ton nouveau mari, ton super boulot, tes finances au beau fixe et tes voyages ne valent rien par rapport à la sérénité, au bien-être et au bonheur que m’apporte ma nouvelle vie, entourée de ceux qui m’aiment vraiment, qui me connaissent, qui savent ce que je vaux et qui me soutiennent. Toi, tu es seule avec ta culpabilité et ton épée de Damoclès. Quelle vie moche, je ne t’envie pas et je ne te plains même pas parce que je ne veux pas perdre de temps avec ça.

Tout cet article est parti de ça ; les souvenirs Facebook !
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Harmony (combattante)