Mes amis, l’heure est grave. Très grave et je suis colère.

Le sachiez-tu, être une meuf en 2016, ça pue du cul !

(Oui, je vais gueuler) (encore).

Ces derniers temps, je vois passer des infos qui ont toutes le même sujet : « la condition féminine remise en question ». Et sérieux, ça fait flipper. Ca fait flipper surtout pour l’avenir de nos filles, de ma fille.

Parce que tu comprends, faut les mater dès le plus jeune âge ces futures greluches. Ca commence par cette note délivrée aux parents d’enfants de 4 ans qui vont dans un centre de loisirs de ma ville (Reims) :

Source : Journal l'Union
Source : Journal l’Union

Oui, tu as bien lu, on demande aux parents de mettre des shorts sous les jupes de nos filles… En premier on nous dit que c’est pour « une meilleure mobilité ». Ok, pourquoi pas,  jusque là, ça va, c’est après que ça blesse : « sachez que nous avons des enfants de 10 à 12 ans qui peuvent avoir un comportement déplacé avec une petite fille dont la jupe se soulèverait, nous voulons juste éviter des situations complexes à gérer« .

Ah ok. On en est là… Oui, c’est en gras et en souligné parce que c’est grave, très grave même.

En 2016, on préfère cacher qu’éduquer.

C’est plus simple de faire mettre des shorts pour cacher la culotte plutôt que d’expliquer aux garçons de 10/12 ans pourquoi c’est mal de se moquer des filles et, par extension, du corps des filles…

Et je vais aller donc plus loin ; si les filles doivent se cacher, à l’aide d’un short sur ce cas là, qu’en déduisent-elles ? Que leur corps est la source du MAL. Qu’il faut le cacher pour ne pas PROVOQUER les garçons. Qu’il faut surtout rien montrer de ce corps surtout sous la jupe sinon, on va avoir des PROBLEMES. Que leur corps de fille est LA CAUSE DES COMPORTEMENTS DEPLACES DES GARCONS.

Super. Un bon départ dans la vie non ?

Alors sous prétexte que nous sommes des filles, nous ne devons surtout pas nous montrer. Nous devons vivre caché pour que les garçons ne deviennent pas fous à la vue de nos corps, nos bras, notre décolleté, jambes, nos chevilles et Ô malheur, le dessous de nos jupes. Bonjour la confiance en soi.

Tu la sens la régression là ? Parce que moi, oui, je le ressens bien…

Et les garçons dans tout ça, que vont-ils en penser ? Que le corps des filles, c’est une ABOMINATION, un TRUC VRAIMENT HORRIBLE, c’est pour ça que les filles doivent le cacher, il y a sans doute une bonne raison hein. Alors comment traiter quelque chose d’horrible, de répugnant ? Bah en tapant dessus, en l’utilisant comme on veut, en l’insultant, en le traitant comme une merde, normal quoi…. Et puis comme on ne leur dit rien, au gars, mais on rejette tout sur les filles, pourquoi chercheraient-ils à bien traiter les filles hein…

Je trouve que c’est extrêmement malsain tout ça.

Nan parce que je croyais que le rôle des parents, des adultes, étaient d’aider nos enfants à grandir dans la tolérance, le respect des autres, quelque soit leur sexe, leurs opinions, leurs convictions, leur milieu socio-culturel. Que notre rôle, c’est de leur apprendre l’égalité dans tous les domaines.

Ca fait plus de 70 ans que nos mères, grand-mères et arrières-grand-mères se battent pour l’égalité des sexes. Et on en est où ? A une note pour couvrir nos filles !

Oh tiens, le sexisme ordinaire…

Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Comment en est on arrivé à un point qu’un homme poignarde une femme et ses filles sous prétexte de leur tenues « légères » ? Comment peut-on accepter que des hommes mal éduqués s’en prennent aux filles jusque parce qu’elles sont des filles ?

Je te jure, j’en ai ras la moule. Je me bats contre tout ça, on est de milliers à se battre contre ça. On est en train de perdre tout ce pour quoi des femmes sont mortes, on perd nos droits, le droit de disposer de nos corps comme bon nous semble.

Etre une fille, ça craint putain!

(Qu’est-ce qu’on fait, on en parle de la proposition des pharmaciens et leur débilité de « clause de conscience » ? ) (ah bah pas tout de suite, elle est suspendue) (comme quoi, agir, ça sert les meufs).

Ma fille ne cessera pas de mettre des robes et de faire des roues. Elle ne cessera pas de s’habiller comme elle veut. Elle ne cessera pas de faire ce qu’elle veut. Et moi, je serais là, avec elle, pour l’éduquer, pour lui expliquer, pour qu’elle devienne une femme libre. Et personne ne nous dictera notre conduite.

Harmony (féministe)