Il y a bien longtemps, je rencontrais Bruce. Je n’aurais pas misé un rouble sur nous. Parce qu’on était jeunes et cons et minces.

C’est une moquette rouge qui a scellé notre histoire.

Le soir où nous nous sommes embrassé pour la première fois, nous étions tous les deux complètement bourrés légèrement alcoolisés. Pour ma défense, j’avais fait la fête avec ma voisine et on avait atterri dans une boîte très connue de Reims (on l’appelait le « Curt », toi même tu sais! ). Et lui, bah, il avait fait pareil avec ses copains.

Donc, deux jeunes personnes avinées se rencontrent ça donne quoi ? Bah ça donne que je l’ai pris pour un autre. Je lui ai sauté dessus alors qu’en fait on ne se connaissait pas ! Et je commence à lui sortir du blabla à la « comment ça va? » toussa toussa.

Puis, j’attrape sa main et je lui dis que « c’est pas bien de sortir sans son alliance quand on est un jeune marié parce que quand même, ça s’fait pas, c’est pas cool, j’suis sûre c’est exprès pour draguer les meufs gros salaud ».

C’est là qu’il me dit « bah j’suis pas marié ! ».

(Tu vois, cette histoire mariage, bah c’était là dès le départ j’dis ça, j’dis rien !)

Donc, je m’étais bien plantée. Je ne savais plus où me mettre mais comme j’étais déchirée ailleurs, j’ai enchaîné dans la discussion. Tant qu’à faire, il était pas mal et, rebondissement, même pas marié !

Bref, après quelques verres plusieurs heures passées ensemble et des bisous tout gentils, il me dit qu’il doit rentrer se coucher parce que le lendemain, il doit emmener sa soeur à l’IUT. Et il rajoute que si ça me dit, on peut aller au resto demain soir ensemble.

A ce moment là, je l’ai pris pour un mytho le gars. Je trouvais chelou, d’un coup, qu’il veuille se barrer. Alors je lui dis que j’y crois moyen. Que ce soit son histoire d’IUT ou son histoire de resto. Bref, par acquit de conscience, je me décide à lui filer mon numéro de téléphone. On ne sait jamais, si ça se trouve, il mitonne pas. J’étais tellement bourrée fatiguée que j’ai entré mon numéro deux fois dans son répertoire !

Et puis le lendemain…..

T’as vu je mets du suspens ! Ce qui en soit est complètement con puisque que tu sais déjà qu’on s’est revus, vu qu’on vit encore ensemble… Bref…

17h… Il m’a appelé à 17h ! Nan mais t’y crois ! Le gars, tranquille pépouse, il propose un resto et il appelle à 17h ! Foutage de gueule, j’ai attendu toute la journée son appel et il téléphone en fin de journée ! Oui parce que fait pas genre meuf, quand tu donnes ton numéro à un mec, tu veux qu’il appelle tout de suite ! Pas dans 2h et encore moins dans 2 jours ! Et on s’en bat les steaks des « jours réglementaires » !

Là, c’était un vrai rencard. Avec une heure de rendez-vous et tout et tout. Il se propose de venir me chercher en voiture. J’avais envie de le pécho alors j’ai mis un méga décolleté de la mort qui tue avec mon super pantalon de bombasse. Bref, la soirée s’annonçait bonne.

Et puis……

Suspenssssss ahahah

Et puis, il y a eu la moquette rouge.

Quand j’ai ouvert la portière de la voiture, il y avait de la moquette rouge au sol. De. La. Moquette. Rouge. Samayre.

J’ai éclaté de dire. Tain quand même c’est kitsch la moquette rouge. Je crois que je l’ai saoûlé avec ça tout le trajet. J’en pouvais plus de cette moquette ! Elle en y regardant bien, elle était rouge mais rouge passé un peu. On aurait dit du orange plus que du rouge. Cette moquette, elle m’a fait ma soirée ! J’en ai fait des tonnes. Cette moquette, elle m’a tellement surprise que je ne m’en suis pas remise. Et puis cette voiture, il la kiffait grave tu vois. Alors c’était comme si j’insultais son bébé. Il en était fière, il avait bossé dessus, il la chouchoutait. Bref, il l’aimait cette caisse. Et donc, il aimait cette moquette rouge.

Mais putain, une moquette rouge !

Et malgré que je me sois moqué de sa moquette, Bruce est resté et ne m’en a pas voulu. C’est donc bien la moquette qui a contribué à lancer notre histoire.

C’est beau. C’est kitsch. C’est nous quoi !

Maintenant, tu peux te moquer :

Harmony (et Bruce)