Dites moi, à partir de quand ça a merdé ?

Nan parce que passer d’un journée qui a vocation de rappeler la condition féminine dans le monde et à parler des luttes et des actions menées toute l’année contre les inégalités à « une culotte offerte pour un soutif acheté », c’est juste pas possible hein…

La Journée Internationale des Droits des Femmes, c’est comme toutes journées internationales, ce n’est pas commercial !

Et comme dirait mon amie Brie « M’enfin on ne file pas des perruques à la journée contre le cancer… Ni un rein à la journée du don d’organes… Alors pourquoi un cadeau pour la journée des droits de la femme ?! ». Mais oui m’enfin !

Alors je me demande depuis quand avons nous basculé dans le marketing pour une journée si importante ? Tu vas dire que je me répète mais les cadeaux du 8 mars, on n’en veut pas !

Quelques exemples de marketing pour te donner une idée. Aujourd’hui, 8 mars donc, Etam offre une petite culotte pour l’achat d’un soutif. CDiscount, lui te file 19% de réduc sur tout le site. Nocibé fait -25%. Tu veux d’autres exemples, va voir chez ma copine Egalimère, elle les recense en photo sur sa page Facebook, ça va vite t’énerver…

Je trouve cette récupération marketing scandaleuse ! Et même pire, je trouve cela abjecte !

Comment avons nous osé foutre en l’air des années de combat pour une culotte offerte ?! Qui sont ces pro du marketing qui pense un seul instant que « ça ne peut pas faire du mal ».

Bien sûr que si ça fait du mal !

C’est comme si on jetait à la poubelle des années de luttes. C’est comme si on piétinait tout ce que nos mères et grands-mères ont vécu pour combattre les inégalités. C’est comme si on lapidait nous même les femmes qui ont osé sortir de chez elle sans leur mari. C’est comme si on excisait nous même les petites filles. Tu peux penser que j’y fait fort, mais c’est mon ressenti.

Mais que doivent penser de nous ces femmes qui se sont battues pour nous. Louise Michel, qui demandait dans un manifeste de 1868 l’égalité des droits civils, le droit à l’éducation, le droit au travail et l’égalité salariale, Hubertine Auclert qui a fondé en 1876 Le Droit des Femmes le premier groupe français revendiquant le suffrage féminin, Simone de Beauvoir et son Manifeste des 343 pour l’avortement et tant d’autres figures du féminisme doivent se retourner dans leurs tombes !

Et le problème persiste. Parce que ça fait des années qu’on nous martèle à grands coups de promos pour « la journée de la femme ». Chaque année, le marketing du 8 mars s’enfonce un peu plus dans le cerveau et l’inconscient collectif. On a déjà commencé à se battre contre ça, comme si on n’avait pas assez à faire pour la condition féminine ! On nous rajoute une lutte contre le puissant marketing, celui qui mange tout et n’importe quoi pour faire du fric.

Il serait temps de prendre en considération l’importance de cette journée. Parce qu’elle est là pour rappeler au monde entier que des femmes et des hommes se battent toute l’année pour l’égalité, pour stopper les violences contre les femmes. Et pour rappeler que des femmes sont victimes, partout dans le monde (et même dans nos villages).

Alors, mes chers « marketeux », sachez que nous ne sommes plus dupes et que tant que vous insisterez, nous seront toujours là pour insister nous aussi et pour dénoncer vos pratiques. Et oué.

A la limite, tu m’offres l’égalité partout dans le monde et la fin des violences faites aux femmes, là, ok, c’est du cadeau qui en vaut la peine.