Ce matin, je voulais écrire une bafouille, une connerie pour essayer de détendre l’atmosphère à mon petit niveau de blogueuse.

J’avais des tas d’idées de futilités qui peuvent nous rendre un semblant de sourire.

Puis, en allant déposer ma fille à l’école, elle s’est mise à me dire, les lames aux yeux: « maman, j’ai peur qui tu te fasses tuer parce que tu écris des articles »…..

BAM, je me suis pris la terreur de ma fille de 7 ans et demi en pleine face.

La veille, j’ai cherché comment lui parler de ces événements, j’ai notamment lu les articles de blogueuses comme Maman Bavarde ou Madame Parle sur ce sujet. je m’étais un peu préparé à lui en parler. A l’école, ils en ont parlé avec les bons mots.

Illustration de Julien Neel Clique pour voir en grand
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Mais ça n’a pas suffit à faire évacuer la peur.

Cette petite phrase m’a glacé le sang, j’avais envie de crier ma colère, de hurler ma peine et ma haine. Ces hommes ont tué de sang-froid d’autres hommes et femmes, ils ont essayé d’ébranler la liberté d’expression, ils ont essayé de museler la presse et ils ont fait entrer la peur dans ma France, dans ma ville, dans ma maison, dans la chair de ma chair!

Depuis, je suis rage et tristesse à la fois.

Je n’ai pas su lui dire que non, je ne vais pas me faire tuer parce que j’écris des « articles ». je n’ai pas réussi à lui dire qu’être blogueuse, ce n’est pas tout à fait pareil, que je ne vais pas mourir et que j’en ai pas l’intention.

Impossible de trouver les mots pour la rassurer, parce que dans le fond, moi aussi, j’ai peur.

Je m’en veux d’avoir été aussi faible devant sa peur et ses larmes. J’ai l’impression d’être impuissante alors que non, je peux me battre contre ça moi aussi. Même à mon petit niveau de blogueuse qui écrit des futilités, des conneries, des bafouilles juste pour rire.

J’ai beaucoup réfléchi, j’ai beaucoup cherché des réponses sur le net. La seule réponse que j’ai trouvé, c’est que je dois me faire confiance pour répondre à ses peurs. Elle, elle me fait confiance, elle se fie à moi car je suis sa mère. Alors en rentrant de l’école, on va discuter, je n’ai rien préparer mais on va en parler et peut être même qu’on va pleurer. Et on va grandir et avancer ensemble.

Et après ça, même si c’est un jour d’école, bah on jouera à Mario Land ensemble et on mangera du chocolat.

Harmony (militante)